programmation

L’Algérie dans l’enseignement et les livres d’histoire en France et en Algérie

Avec Lydia Aït Saadi et Françoise Lantheaume (historiennes).

Lydia Aït Saadi est chargée d’enseignement en Organisations européennes à la faculté de Droit Paris V – Descartes. Elle proposera, à travers la lecture et l’analyse des programmes et manuels scolaires d’histoire algériens, d’étudier l’évolution du discours scolaire algérien autour de la colonisation et de la guerre d’indépendance. Elle montrera comment les années 90 ont été un tournant dans l’évolution du récit officiel autour de ces questions nationales fondamentales.

Françoise Lantheaume, enseignante à l’université Lyon 2, décrira l’évolution de l’enseignement de la colonisation de l’Algérie en France. Elle montrera comment l’enseignement de l’histoire a pris en compte la guerre de libération de l’Algérie et comment il est passé de l’accompagnement du projet colonial à l’approche actuelle, plus critique, mais non sans problèmes… Elle tentera aussi de répondre à la question suivante : est-ce toujours une question « chaude » aujourd’hui ?

Entrée libre / réservation conseillée auprès de la Maison des Passages

Cette soirée est organisée dans le cadre du cycle France-Algérie, les chemins de la rencontre.
coordonné par l’AFARA (association France-Algérie
Rhône-Alpes), le CARA (cercle des algériens et franco-algériens en Rhône-Alpes), la CIMADE, Coup de soleil en Rhône-Alpes et la Maison des Passages.

aux Archives Municipales de Lyon
1, place des Archives, Lyon 2
Métro : ligne A (arrêt Perrache)
Tramways : ligne T1 (arrêt Suchet) / ligne T2 (arrêt Perrache)

France-Algérie, les chemins de la rencontre, 50 ans après...!

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, nous rencontrons toujours des traces et des empreintes de cette guerre aussi bien dans la société française que dans la société algérienne.

La puissance coloniale française, a 132 ans durant, nourri la société algérienne à la violence. Violence de la conquête avec les Bugeaud, Saint Arnaud et autres militaires, violence de la vie quotidienne pour les Algériens (de 1830 à 1871, entre répression militaire et famines aggravées par la spoliation foncière systématique, la population algérienne a été amputée d’un tiers de ses habitants), violence discriminatoire aussi du statut de l’ « indigénat » et enfin, de 1945 à 1962, violence effroyable imposée par l’armée française pendant la guerre d’indépendance du peuple algérien. La France coloniale, en s’interdisant toute solution politique, avait in fine obligé le peuple algérien à prendre les armes pour se libérer.
Le pouvoir français refuse toujours de reconnaître les crimes d’État commis en son nom  : le recours systématique à la torture, les centaines de milliers de victimes (plus de 400 000), sans compter les répressions en France même, notamment le 17 octobre 1961 dans les rues de Paris.
Les dirigeants de la France ont vendu son savoir en matière de répression des mouvements politiques et sociaux (la bataille d’Alger) à tous les dictateurs d’Amérique latine, d’Afrique, et du monde arabe lui-même, une mondialisation, avant le nom, d’un savoir-faire répressif policier et militaire.

Cette France là qui a tellement nié, tellement menti, est toujours confrontée a son passé colonial. L’Algérie indépendante, quant à elle, a depuis connu des heures sombres l’éloignant souvent des idéaux qui avaient nourri sa lutte de libération. Heureusement, les populations mêlées vivant dans nos villes et nos quartiers questionnent leurs parents sur leur comportement et attitude durant cette période noire de notre histoire commune. Si le temps perdu ne se rattrape jamais, il laisse aujourd’hui le champ ouvert à un travail concerté de réflexion sur des mémoires partagées. C’est dans cette perspective que depuis quatre ans l’AFARA, le CARA, la CIMADE, Coup de soleil en Rhône-Alpes et la Maison des Passages réalisent le cycle « France-Algérie les chemins de la rencontre  ».

Nous voulons, cette année, que le cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie soit l’occasion d’un appel à la reconnaissance d’un destin commun entre les deux rives de la Méditerranée. La dynamique fragile des révolutions arabes devrait nous indiquer ce chemin de sagesse et de respect. C’est là le seul moyen pour que la société française rompe avec l’idéologie coloniale toujours lourdement présente en son sein.

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Le programme de l’année 2012