programmation

  • « Rivesaltes… Fictions itinérantes »,

    Autour de la création de Vincent Bady et du NTH8, le groupe "pour une politique de la Relation" vous invite à échanger après la pièce sur la thématique "Lieux à mémoires multiples : comment fait on mémoire commune"
    Maison des Passages
    mercredi 11 mars 19h.



    « Rivesaltes-fictions » raconte un trajet dans les traces imaginaires et les décombres historiques d’un camp militaire du Languedoc-Roussillon qui, de 1940 à 2007, a servi de lieu d’internement pour des réfugiés républicains Espagnols, des Juifs, des Tsiganes, des Harkis et plus récemment des Sans-papiers…Le spectacle sera suivi d’un débat « Lieux à mémoires multiples : comment fait-on mémoire commune ? » en présence de représentants de l’ARTAG, la Cimade, la LICRA…


    Le camp de Rivesaltes : en 1938 à quelques kilomètres de Perpignan, aux quatre cinquièmes sur la commune de Rivesaltes est construit le camp militaire « Camp Joffre ». Outre sa mission initiale de transit pour les troupes coloniales, de dépôt et d’instruction, ce lieu n’a cessé de
    recevoir des populations civiles internées par l’Etat français et des soldats vaincus. Jusqu’en 2007 le camp Joffre à Rivesaltes a été un centre d’hébergement pour réfugiés de la guerre d’Espagne, puis pour des populations tsiganes, juives et apatrides ; un centre de rassemblement des familles israélites avant leur transfert à Drancy puis Auschwitz ; un dépôt de prisonniers de guerre allemands ; une prison pour « collabos » ; un centre d’hébergement pour les harkis ; un centre pénitentiaire pour militants du FLN et un centre de rétention administrative pour étrangers sans papiers. Des dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, sont passées par le camp de Rivesaltes.


    « Rivesaltes-fictions » expose un trajet personnel, subjectif, mon arpentage des lieux
    géographiques, historiques, imaginaires d’un camp d’internement qui a pris diverses formes pendant presque un siècle. Le spectacle ne vise pas à restituer une histoire chronologique du lieu mais à travailler la mémoire qui en reste, comme un bloc de traces enchevêtrées, fragmentaires. Dans les décombres actuelles du camp, il cherche à faire glisser les unes sur les autres les images du passé et du présent afin de questionner nos représentations d’un camp comme celui de Rivesaltes qui a perduré jusqu’à récemment. L’écriture mêle les documents, les témoignages réels et reconstruits, elle reconstitue des moments de l’histoire singulière de personnes internées, elle fait parler des témoins indirects (habitants voisins du camp, employés d’organismes ou de services attachés), elle travaille les formes de la communication et du discours politiques sur l’histoire du camp. Elle explore l’imaginaire lié à la mémoire d’un lieu d’infâmie.

    Vincent Bady, auteur et metteur en scène


    Maison des Passages
    44, rue Saint Georges
    69005 Lyon