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France-Algérie, les chemins de la rencontre, 50 ans après...!

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, nous rencontrons toujours des traces et des empreintes de cette guerre aussi bien dans la société française que dans la société algérienne.

La puissance coloniale française, a 132 ans durant, nourri la société algérienne à la violence. Violence de la conquête avec les Bugeaud, Saint Arnaud et autres militaires, violence de la vie quotidienne pour les Algériens (de 1830 à 1871, entre répression militaire et famines aggravées par la spoliation foncière systématique, la population algérienne a été amputée d’un tiers de ses habitants), violence discriminatoire aussi du statut de l’ « indigénat » et enfin, de 1945 à 1962, violence effroyable imposée par l’armée française pendant la guerre d’indépendance du peuple algérien. La France coloniale, en s’interdisant toute solution politique, avait in fine obligé le peuple algérien à prendre les armes pour se libérer.
Le pouvoir français refuse toujours de reconnaître les crimes d’État commis en son nom  : le recours systématique à la torture, les centaines de milliers de victimes (plus de 400 000), sans compter les répressions en France même, notamment le 17 octobre 1961 dans les rues de Paris.
Les dirigeants de la France ont vendu son savoir en matière de répression des mouvements politiques et sociaux (la bataille d’Alger) à tous les dictateurs d’Amérique latine, d’Afrique, et du monde arabe lui-même, une mondialisation, avant le nom, d’un savoir-faire répressif policier et militaire.

Cette France là qui a tellement nié, tellement menti, est toujours confrontée a son passé colonial. L’Algérie indépendante, quant à elle, a depuis connu des heures sombres l’éloignant souvent des idéaux qui avaient nourri sa lutte de libération. Heureusement, les populations mêlées vivant dans nos villes et nos quartiers questionnent leurs parents sur leur comportement et attitude durant cette période noire de notre histoire commune. Si le temps perdu ne se rattrape jamais, il laisse aujourd’hui le champ ouvert à un travail concerté de réflexion sur des mémoires partagées. C’est dans cette perspective que depuis quatre ans l’AFARA, le CARA, la CIMADE, Coup de soleil en Rhône-Alpes et la Maison des Passages réalisent le cycle « France-Algérie les chemins de la rencontre  ».

Nous voulons, cette année, que le cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie soit l’occasion d’un appel à la reconnaissance d’un destin commun entre les deux rives de la Méditerranée. La dynamique fragile des révolutions arabes devrait nous indiquer ce chemin de sagesse et de respect. C’est là le seul moyen pour que la société française rompe avec l’idéologie coloniale toujours lourdement présente en son sein.

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Le programme de l’année 2012